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Cet article, j'aurai dû le rédiger il y a au moins deux mois de cela mais si je parviens à vous donner l'envie d'y aller, il vous reste encore deux semaines pour apprécier cette très belle exposition photo qui a été sans nul doute l'un des évènements de la rentrée 2017 à Paris.
Ce ne sont pas moins de 200 clichés pris tout au long de 60 années de carrière qui sont exposées au public en collaboration avec le Metropolitan Muséum of Art. L'exposition est l'occasion de célébrer le centenaire de la naissance de ce grand photographe américain, surtout connu pour ces photos de célébrités avec qui il parvenait à créer une véritable intimité pour un résultat vraiment saisissant.
L'exposition se divise en 11 sections correspondant à différentes étapes de la vie de l'artiste :
1 - Natures mortes et premières photos de rue : Correspondant à la découverte de la photo à la fin des années 30, avec des photos de devantures de magasins et d'objets racontant une histoire.

2 - Portraits existentiels : Ayant débuté sa collaboration avec le magazine Vogue en 1943, Irving Penn participe à la 2e guerre mondiale et à son retour, le Directeur artistique du journal lui demandera de prendre en photo de nombreuses célébrités en studio et en noir et blanc. Le photographe ne choisit pas ses modèles mais il a carte blanche pour les décors. Souvent très simples (dans l'angle de deux cimaises posées sur des châssis ou bien un tapis gris posé sur des caisses), ces décors l'aident à aller au plus profond de ses sujets et le résultat est impressionnant. Parmi ses photos les plus réussies, on notera celles de Picasso, Dali, Marlène Dietrich ou bien encore Alfred Hitchcock.

3 - En Vogue 1947-1951 : Une fois sa science des portait maîtrisée, on demande à Irving d'assister aux défilés de mode parisiens. Après avoir trouvé un studio, il s'en donne à coeur joie pendant 5 ans dans ce domaine et fait la connaissance de Lisa Fonssagrives, une danseuse étoile qui deviendra son épouse et avec qui il réalisera de très beaux clichés.

4 - Cuzco, 1948 : En 1948, on demande à Irving Penn de se rendre à Lima au Pérou pour y effectuer des photos de mode en extérieur. Après avoir honoré sa commande, il se rendra seul à Cuzco et y trouvera un studio pour y photographier les habitants en costumes traditionnels.

5 - Petits métier 1950-1951 : En 1950, le photographe entame la série la plus conséquente de sa carrière en photographiant à Paris, Londres et New York, différents artisans représentant de nombreux corps de métiers. Ceux-ci sont photographiés avec leur tenue de travail et leurs outils.

6 - Portraits classiques 1948-1962 : Dans les années 50 et 60, il continue à faire de la photo de mode, de célébrités et de la publicité mais à un niveau encore supérieur puisqu'il va s'inspirer de peintres comme Goya ou Toulouse Lautrec pour la composition de ses cadres.

7 - Les nus 1949-1950 : Pendant cette période, Irving Penn va expérimenter différentes techniques de photographie notamment sur les tirages qui vont donner des résultats de dépôts poudreux sur certaines formes. Cette série ne remporta pas un grand succès à sa sortie.

8 - Le monde dans un studio : De 1967 à 1971, Vogue envoie le photographe en Afrique et dans la région d'Asie Pacifique. Là bas, Irving Penn va photographier les populations locales sous sa tente qui fera office de studio et qui offrira à ses modèles, une parenthèse salutaire.

9 - Les cigarettes, 1972 : Sa série la moins comprise car se montrant sans intérêt pour la plupart des gens à cette période, Irving Penn va s'amuser à photographier des mégots sous différentes formes.

10 - Natures mortes tardives : Entre 1975 et 2007, Irving Penne va photographier des vases, des vieilles bouteilles, des détritus, des pièces métalliques, des fruits pourris.
11- Moments du passé : Photos de modes et de célébrités prises entre les années 60 et les années 2000.
Irving Penn était vraiment un génie de la photographie et cela transpire à travers l'ensemble des clichés présentés. Je suis moins fan des natures mortes et je dois dire que les salles 9 et 10 sont celles que je l'ai le moins appréciées mais pour le reste, c'est un régal pour les yeux.

L'organisation de l'expo est réussie avec des billets prévus pour des créneaux d'entrée de 30 mn, cela permet de fluidifier le passage des visiteurs et de ne pas se retrouver trop nombreux devant les oeuvres.
Si vous aimez la photo, ne ratez pas cette belle exposition de l'un des maîtres de la photo du 20e siècle.