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Je n'ai à ce jour vu qu'un seul film de ma sélection de février 2018 mais c'est celui que j'attendais le plus. Le retour de mon cinéaste mexicain préféré (les deux autres sont Alejandro Gonzalez Iñarritu et Alfonso Cuaron) moins de 3 ans après le gothique Crimson Peak.
Le pitch du film : Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…
Alors autant le dire tout de suite, je ne considère pas, comme on le lit en ce moment un peu partout, qu'il s'agisse du meilleur film de son auteur mais j'ai beaucoup aimé sa dernière oeuvre.

J'ai retrouvé ici l'utilisation par Del Toro d'un monstre nous signifiant qu'au delà des apparences, la monstruosité émmane la plupart du temps de l'homme, incapable d'aller au delà de ses préjugés et d'accepter la différence.

De fait l'héroïne du film présente quelques similitudes avec la créature du film : Elle ne parle pas du fait de son handicap, elle vit dans sa bulle intérieure et elles est perçue comme un être différent tout comme cette créature amphibienne.

L'actrice principale Sally Hawkins est très juste dans ce rôle, c'est le personnage le plus solaire et positif du film. Les acteurs secondaires qui interprètent son voisin et sa collègue de travail sont également très bien écrits et ont chacun leurs blessures et leurs vies solitaires.Mention spéciale à Michael Shannon dans le rôle de l'agent Richard Strickland, le méchant de l'histoire et qui incarne parfaitement le visage le plus sombre de l'Amérique des années 50, raciste, intolérante et fermée.

L'esthétique du film dans un premier temps qui nous plonge au coeur des années 50 telles qu'on les imagine avec ses vieux appartements, les dinners, le cinéma avec sa grande façade lumineuse, les voitures et la mode de l'époque.

La film m'a rappelé certains films de Jean-Pierre Jeunet tels que "La cité des enfants perdus" car la photo me rappelle beaucoup celle de Darius Khondji. A noter que la couleur verte est dominante et il est curieux de voir comment elle apparaît tout au long du film (la tarte au citron vert, l'affiche publicitaire, les bonbons, la Cadillac,....).

Le seul bémol que je vois est le côté crédible de cet amour car très honnêtement, cette créature n'est vraiment pas attirante du tout et je pense que beaucoup ne parviendront pas à entrer dans cette histoire. Cela ne m'a personnellement pas gêner car je me suis tout de suite laissé happé par les images d'une grande poésie comme toujours chez Guillermo Del Toro. Un très beau film qui a reçu le Lion d'or au festival de Venise et qui s'annonce comme le grand favori des prochains Oscars, réponse la nuit prochaine.
La bande annonce de La forme de l'eau de Guillermo Del Toro